19/03/2026
Il y a des projets qui se décident autour d'une table, et d'autres qui prennent vie dans un laboratoire. Les 10 et 11 mars 2026, les équipes Emballages et R&D d'EVEA, avec Insaf Mekni et Robin Sales, ont fait le déplacement jusqu'à Grenoble, au LGP2, l'un des centres de recherche français les plus reconnus en science de la cellulose et du papier. L'objectif : lancer officiellement une analyse de cycle de vie (ACV) comparative entre emballages plastiques et emballages à base de cellulose, avec un ancrage scientifique solide dès le départ.

De g. à d. : Robin Sales (EVEA), Julien Bras, Insaf Mekni (EVEA), Jérémie Viguié, Mathilde Bernard-Catinat, Candice Rey, Alexis Suchet
La pression réglementaire et sociétale sur le plastique s'intensifie. Face à cette réalité, les matériaux biosourcés, et la cellulose en particulier, sont de plus en plus présentés comme des alternatives crédibles. Mais crédibles sur quelle base ? C'est précisément là que l'ACV entre en jeu, et que les certitudes commencent à se fissurer.
Car si l'ACV est aujourd'hui l'outil de référence pour évaluer l'impact environnemental des produits, elle n'est pas sans angles morts. La pollution par les plastiques en milieu naturel, les microplastiques, les scénarios de fin de vie incertains : autant de paramètres encore difficiles à quantifier de façon robuste. L'ambition d'EVEA n'est donc pas de substituer un matériau à un autre par principe, mais de poser clairement ce que la science est en mesure de dire aujourd'hui, et de délimiter les zones d'incertitude qui appellent encore de nouveaux outils méthodologiques.
Le choix du LGP2 comme partenaire académique n'est pas le fruit du hasard. Le laboratoire maîtrise deux procédés de fabrication d'emballages en cellulose qui présentent des profils environnementaux très différents.
Le moulage humide offre une précision dimensionnelle et une polyvalence géométrique supérieures, au prix d'une consommation en eau et en énergie plus élevée. Le moulage à sec, plus rapide, réduit significativement ces consommations, avec en contrepartie certaines limites de mise en forme.
Comparer ces deux approches entre elles, et les confronter aux emballages plastiques conventionnels, permet de dépasser les raccourcis habituels. L'étude se concentre plus particulièrement sur les contenants destinés à la restauration à emporter, un segment à forts enjeux de volume et de visibilité.
Ce projet s'inscrit dans le cadre de la Chaire Cellulose Valley, soutenue par la Fondation Grenoble INP, qui réunit partenaires académiques et industriels autour de la filière cellulose. Il est également étroitement lié aux travaux de thèse de Mathilde Bernard-Catinat, dont les recherches constituent le socle scientifique de l'étude et contribuent directement à sa rigueur méthodologique. Un grand merci à elle, ainsi qu'à Julien Bras, pour avoir rendu cette collaboration possible.
L'étude est en phase de lancement. Les résultats et leur publication sont attendus pour fin juillet, début août 2026. Un calendrier ambitieux, à la hauteur des enjeux.
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