05/11/2026
Dans le textile, l’alimentaire ou l’ameublement, l'affichage environnemental est souvent traité comme une formalité réglementaire dont on cherche à s’acquitter au moindre coût. On oublie alors un point : pour calculer un score, une entreprise doit d'abord décrire finement l’ensemble de ses produits. Une fois réalisée, cette cartographie reste à la disposition de l’entreprise et sert bien au-delà de l’exigence réglementaire qui l’a motivée.
Le dispositif est inscrit dans la loi Climat et Résilience de 2021 (article 2). Il poursuit deux objectifs distincts. Pour les consommateurs, il s'agit de fournir une information claire et objective sur l'impact environnemental des produits, afin d'orienter leurs choix vers une consommation plus responsable. Pour les fabricants et les distributeurs, il s'agit d'initier et de valoriser leurs démarches d'éco-conception, et ainsi d'encourager une production plus durable.
Le calendrier se précise secteur par secteur. Pour le textile, l'affichage est facultatif depuis octobre 2025. Un an après l'entrée en vigueur du décret, soit le 1er octobre 2026, une nouvelle obligation s'ajoute : tout produit qui n'aura pas été évalué par son metteur sur le marché pourra l'être par un tiers.
Les entreprises qui s’y préparent dès maintenant peuvent en tirer parti de trois façons.
Dresser l’état des lieux du portefeuille ne suppose pas de lancer une nouvelle collecte. Dans la plupart des cas, l’ERP, le PLM ou les nomenclatures produit (BOM) contiennent déjà les données nécessaires. Cet état des lieux fait apparaître les références qui contribuent le plus à l’impact global, ainsi que les catégories de produits surreprésentées. Il révèle les matières premières et les procédés les plus récurrents.
La cartographie aide à maîtriser les coûts et les approvisionnements, et prépare l'application du règlement ESPR et du passeport numérique des produits.
Depuis le 1er octobre 2026, ne pas évaluer un produit n'empêche pas qu'il le soit par un tiers. Une entreprise qui n'a pas engagé ce travail risque de ne pas maîtriser sa propre communication.
Cette cartographie établie, inutile d’évaluer toutes les références avec la même précision : l’effort peut se concentrer sur celles qu’elle a désignées comme prioritaires. Un affichage environnemental fiable, sur ces références, suppose une connaissance fine de leur chaîne de valeur.
Concrètement, cela veut dire remonter aux procédés qui entrent dans la fabrication d'un t-shirt, d'une bouteille d'huile d'olive ou d'un meuble en bois. Obtenir ces données prend souvent du temps, car il faut les demander aux fournisseurs, et parfois remonter plusieurs rangs de la chaîne d’approvisionnement.
Approfondir la connaissance de votre chaîne de valeur vous permettra aussi de répondre à un enjeu de traçabilité de plus en plus présent dans les entreprises. Il peut s'agir de se conformer à la réglementation en vigueur ou à venir (devoir de vigilance, RDUE, ESPR), de sécuriser votre chaîne d'approvisionnement ou de mieux connaître vos produits pour éco-socio-concevoir et communiquer sans risque réputationnel.
Cet effort de traçabilité dépend aussi de la bonne volonté des fournisseurs sollicités, qui ne transmettent pas toujours les données spécifiques demandées, ni dans les délais prévus.
« Comment on automatise le calcul à partir de mon PLM ? » C'est la question qui revient le plus souvent quand une entreprise démarre une démarche d'affichage environnemental. La réponse passe par la connexion aux systèmes d'information existants, pour éviter la ressaisie manuelle des données.
La collecte de données nécessaire au calcul de l'affichage environnemental recoupe largement celle qu'exigent d'autres référentiels, notamment le PEF pour l'analyse du cycle de vie, le GHG Protocol pour le bilan carbone scope 3 ou des méthodologies dédiées à la biodiversité. Collectée une fois, une donnée peut servir à plusieurs analyses. En affinant l’analyse du portefeuille, on repère les points chauds et l’on oriente l’éco-conception vers ce qui contribue réellement à l’impact des produits.
Les trois opportunités décrites ci-dessus reposent sur une même logique : exploiter l'existant, approfondir ce qui compte, puis industrialiser. ASKOR est l'outil qu'EVEA a construit pour accompagner chacune de ces trois étapes, depuis l'analyse initiale du portefeuille jusqu'au calcul multi-indicateurs.
Les pouvoirs publics veulent inciter les entreprises à agir sur l'impact de leurs produits. ASKOR le permet, avec ses fonctions d'éco-conception, qu'il ouvre à la dimension sociale.
Le coût réglementaire exige des données complémentaires à celles de la nomenclature produit. Elles peuvent être intégrées dès l'import de la modélisation dans ASKOR, sans ressaisie. La déclaration des scores sur la plateforme gouvernementale peut ensuite se faire depuis l'outil, après un paramétrage initial de l'espace.
Côté données, ASKOR s'appuie sur plusieurs bases de référence, notamment la Base Empreinte ADEME, la base Environmental Footprint, Ecoinvent et Agribalyse, ainsi que des données propres à EVEA et des données partenaires. L'outil calcule à ce jour 52 indicateurs environnementaux, un nombre appelé à croître avec les évolutions de l'outil. Ce chiffre ne couvre ni les risques sociaux ni le coût environnemental calculé dans le cadre de l'affichage environnemental.
Le calcul du score mobilise des données précises : origine des matières, procédés de fabrication, empreinte carbone. Ce sont ces mêmes données qu'exigera le passeport numérique de produit, prévu par le règlement ESPR.
En engageant ce travail dès maintenant, les entreprises se constituent une base de connaissances sur leurs produits qui leur servira à chaque nouvelle échéance réglementaire, dans un cadre qui continuera d’évoluer.
Sujet suivi chez EVEA par Aude Cellerier, Laura Thibault et Laurent Derancourt, consultant·es ACV et éco-conception
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